Pour le site du Labo, j'ai monté une petite équipe d'agents IA, chacun avec un métier, et je l'ai pilotée comme un vrai projet. Voici comment ça s'est passé, ce qui a bien marché, et ce qui m'a obligé à intervenir.
Le projet n'est pas terminé au moment où j'écris. Je raconte les étapes déjà faites, et je compléterai cet article au fur et à mesure.
Pourquoi une équipe plutôt qu'un seul assistant ?#
Un site web, ce n'est pas un seul métier. Il faut cadrer le besoin, réfléchir au référencement, concevoir l'identité visuelle, écrire les textes, développer, tester et mettre en ligne.
Tout demander à un seul assistant, c'est prendre le risque qu'il mélange tout, oublie des consignes ou décide seul de choses qui ne lui reviennent pas. Je voulais tester une organisation proche d'une agence : des rôles séparés, des livrables écrits, et un humain qui valide aux moments importants.
L'équipe : huit agents, huit fiches de rôle#
J'ai travaillé avec Claude Code, qui permet de définir des agents spécialisés. Chaque agent est un simple fichier texte qui contient :
- son nom et une description de quand l'utiliser ;
- les outils qu'il a le droit d'utiliser (lire des fichiers, écrire, chercher sur le web…) ;
- sa mission, ce qu'il doit lire, ce qu'il doit produire, et ses règles.
L'équipe compte huit membres :
- Le chef de projet : il cadre le projet, répartit le travail et contrôle chaque livrable. C'est le seul qui me parle directement.
- Le SEO : il définit les mots-clés, la structure du site, puis fera l'audit final.
- Le designer : il décrit l'identité visuelle et les composants, sans coder.
- Le rédacteur : il écrit les textes des pages et les articles.
- Le développeur frontend : il construit le site.
- Le testeur : il relit le site sans avoir participé à sa fabrication.
- Le DevOps : il prépare la compilation automatique et la mise en ligne.
- Le motion designer : ajouté en route, il réalise une courte vidéo.
Un détail qui compte : chaque agent n'a que les outils nécessaires à son rôle. Le rédacteur peut lire et écrire des fichiers, mais pas exécuter de commandes. Le testeur peut signaler les problèmes, mais sa fiche lui interdit de corriger le code lui-même.
Le principe : les agents se passent des fichiers#
Les agents ne discutent pas entre eux. Ils se passent des fichiers, déposés dans un dossier commun de livrables.
Le chef de projet écrit le brief, le SEO le lit et écrit la stratégie, le rédacteur lit les deux et écrit les contenus, et ainsi de suite. Avantage : tout est traçable. Si un texte ne me plaît pas, je peux remonter la chaîne et voir d'où vient le problème.
Les points de contrôle : rien n'avance sans moi#
À quatre étapes clés (le brief, la stratégie et le design, les contenus, la mise en ligne), le chef de projet doit me présenter un résumé et attendre mon accord. Les agents proposent, je décide.
La règle qui change tout : ne rien inventer#
Toutes les fiches de rôle partagent une consigne : n'inventer aucun projet, aucun client, aucun chiffre, aucun témoignage. Quand une information manque, l'agent laisse un marqueur visible « à fournir ».
Sans cette règle, une IA a tendance à combler les vides avec des éléments plausibles. Sur un site professionnel, un faux témoignage ou un faux chiffre, c'est grave.
Le résultat se voit dans les livrables. L'agent SEO n'a donné aucun volume de recherche chiffré : il a expliqué qu'il n'avait pas de données fiables pour la Côte d'Ivoire et le Cameroun, et il a estimé le potentiel de chaque mot-clé de façon qualitative. Je préfère mille fois ça à des chiffres inventés.
Étape 1 : le cadrage#
Le chef de projet a commencé par me poser ses questions, toutes en une fois : mon métier, mes services, mes clients, les projets à montrer, l'action attendue du visiteur, la langue, les zones visées, les sites que j'aime, le nom de domaine, les thèmes du blog.
À partir de mes réponses, il a rédigé un brief. Il a pris quelques initiatives utiles :
- regrouper mes cinq services en trois piliers (développement web et mobile, IA et automatisation, formation), avec mon logiciel de salle de sport présenté comme un produit plutôt que comme un service ;
- proposer ce site lui-même comme étude de cas, puisque je n'avais pas encore de projet client publiable ;
- hiérarchiser les actions du visiteur : réserver un appel en priorité, demander un devis ensuite, WhatsApp toujours visible.
J'ai validé le brief, puis tranché d'autres points au fil du projet : aucun prix affiché sur le site, réponse sous 24 h ouvrées, mention d'Abidjan.
Étape 2 : la stratégie de référencement#
L'agent SEO a étudié la concurrence : les requêtes du type « prix création site web Abidjan » sont déjà très travaillées par des agences. Sa recommandation : viser des recherches plus précises, liées à l'IA concrète, et miser sur les contenus de preuve, comme cet article.
Il a livré l'arborescence, un mot-clé par page, les titres et descriptions pour Google, dix idées d'articles, et relevé les différences de vocabulaire entre la Côte d'Ivoire, le Cameroun et la France.
Étape 3 : le design, et mon premier refus#
C'est l'épisode le plus intéressant du projet.
Le designer a proposé une direction baptisée « carnet de labo » : un fond façon papier millimétré, des annotations en police de code, des sections numérotées comme des expériences, un surligneur orange sous les mots importants. C'était cohérent avec le nom du Labo. Mais en le lisant, j'ai su que ce n'était pas moi. Je voulais quelque chose de plus épuré, plus premium.
J'ai donc refusé la proposition et donné de nouvelles références : Stripe et Notion, comme inspiration d'esprit, sans copier leur identité. Le designer est reparti sur une nouvelle version.
Ce refus m'a appris une chose importante : un agent peut produire un travail solide, argumenté, techniquement propre, et pourtant à côté de ce que vous voulez. Il ne connaît que ce que vous lui avez dit. Le regard humain reste le filtre final.
La deuxième proposition, plus claire et plus épurée, m'a convaincu : je l'ai validée.
Étape 4 : les contenus#
Le rédacteur a écrit les pages et les premiers articles à partir du brief et de la stratégie SEO, en signalant les informations qui me manquaient.
Étape 5 : changer d'outil en route#
Le plan prévoyait un framework JavaScript installé avec npm, mais npm était bloqué dans l'environnement de l'équipe. Le développeur a donc écrit un petit générateur en Python. Pour le visiteur, rien ne change : des pages statiques, légères et rapides.
Les dernières étapes#
Avant la mise en ligne sur Hostinger, le site passe par un audit SEO et un testeur indépendant. Les résultats mesurés (performance, durée réelle) seront ajoutés après la mise en ligne.
Ce que j'en retiens pour l'instant#
L'organisation compte plus que l'outil. Des rôles clairs, des entrées et des sorties bien définies, et la plupart des dérives disparaissent.
Les validations humaines ne sont pas une formalité. Sans elles, le site aurait un design que je n'aurais pas choisi.
Interdire l'invention est indispensable. C'est la règle qui rend le résultat publiable.
L'IA ne remplace pas la décision. Elle produit vite, beaucoup et souvent bien. Mais c'est à vous de savoir ce que vous voulez.
Un plan doit savoir changer. Quand un outil manque, mieux vaut en changer que de tout bloquer.
Et pour votre entreprise ?#
La même logique fonctionne bien au-delà d'un site web : découper un travail en étapes, confier chaque étape à un agent, garder la validation humaine là où elle compte. C'est exactement ce que je mets en place dans l'automatisation IA pour entreprises.
Vous pouvez aussi consulter la fiche projet de ce site, qui résume la méthode et les résultats.
Vous avez une tâche qui pourrait être organisée de cette façon ? Réservez un appel découverte gratuit de 30 minutes : on regarde ensemble par où commencer.
